Il a la cinquantaine, une paire de rangers et un treillis. Je le vois souvent.

Il a une grosse meute.

C'est un chasseur de sanglier.

Il est assis, presque effondré, devant mon bureau. La tête dans ses mains, il ne me montre pas ses yeux.

Il mange ses mots. Il s'étouffe.

Son chien est sur ma table. Il est mort.

"Vous savez, vous savez, ce chien... Ce chien je l'avais recueilli, il avait juste débarqué chez moi. Et je l'ai gardé.
Et...
Et ce chien c'était...
Et vous savez, ce chien, un jour, j'ai enlevé ma ceinture.
J'ai enlevé ma ceinture, j'ai enlevé ma ceinture, comme ça, et vous savez, il me faisait toujours la fête, il était...
Et là il a hurlé, et il s'est caché sous la table.
Et vous savez...
...
Et putain vous savez, j'en chiale encore."