Mossieur Resse achève aujourd'hui, avec un dernier billet, l'histoire musicale de sa vie. Une histoire pleine de rock, de punk, mais aussi d'impertinents, de "paroliers". Une histoire du rock, plus particulièrement. La sienne.
Avec l'idée de montrer comment de simples morceaux peuvent habiller des souvenirs, des émotions, et façonner une personnalité, ou en tout cas lui donner une "bande-son".
Mais ce testament, aussi touchant puisse-t-il être parfois, c'est aussi une porte ouverte vers une époque et une culture qui ne peuvent qu'être étrangères aux "jeunes" comme moi, nés bien après tout cela. Ou trop jeunes pour s'en souvenir. Flower Power, libération sexuelle, droit de vote des femmes, des acquis, des poncifs pour nous, et pourtant, à écouter l'actualité, quelle fragilité... Times are a changin.
Je trouve fascinant, et même incroyable, cette idée que la génération de mes parents a connu Woodstock, les disques de Beatles ou de Brassens, les bed-in de Lennon, la flamboyance de Morrison... Pour moi, de l'Histoire, pour eux, leur passé.
Du coup, ce testament devient un genre de docu, un autre regard sur mes parents. C'est aussi un peu grâce à mossieur Resse que j'ai poussé le pas jusqu'à Bercy avec mon père, pour Paul McCartney. J'ai vu un Beatles en vie, un Beatles chanter, avec cette cruelle certitude de ne plus jamais revivre un moment aussi magique (oui, j'avais envie de le claironner).

Le testament de Mossieur Resse, avec ses 111 disques et ses anecdotes plus ou moins sans intérêt, ressemble aux mots des petits vieux (et moins vieux) que je vois lors de mes visites ou de mes consultations. Ils parlent de leur histoire, ils l'incarnent, lui donnent un parfum, une saveur. Lui leur offre une musique. Pour eux, tout cela a un sens.

Alors on aime ces musiques, ou pas. J'ai découvert beaucoup de choses, je me suis orientés sur ces 60s 70s que je cherche depuis plusieurs années à explorer. C'est comme ça, d'ailleurs, que je suis tombé sur ce blog. Mossieur Resse m'a fait acheter plus de disques que n'importe qui. Ou quoi.

Je n'adhère pas à tout. Je ne comprends rien à Dylan, par exemple, qui le fascine. Beaucoup des disques ou des groupes qu'il évoque m'ont laissé indifférent. Il le sait, il n'est pas là pour faire un top 111, mais pour parler de sa vie. A l'inverse, je ne comprends pas certaines absences. Pas un mot de Queen ? Parfois, je me sens comme fusionnel. Au sujet de Renaud, notamment.

Ce testament n'est pas une critique construite, une histoire de la musique en bonne et due forme. Vous n'y trouverez pas de guide pour mieux explorer les Stones, Bowie ou le punk. Si quelqu'un a des conseils pour ce genre de choses, d'ailleurs, je suis preneur. Du contexte, des explications, même subjectives. Mossieur Resse en donne, mais peu, au hasard de ses envies. Tant mieux.

On n'y trouve aucun groupe moderne. Je veux dire, des décennies 90 - 2000. Aucun regard, pas un mot sur des groupes qui m'intriguent ou m'enthousiasment. Mes coups de cœur récents s'appellent Vampire Weekend, Beach House, Volo, pourquoi ne les évoque-t-il pas, eux ou d'autres ? Surtout d'autres, parce que ceux-là, je les connais...

En tout cas, je vous souhaite bonne lecture, bonne écoute. Et si l'expérience vous touche, ou si au contraire elle vous indiffère, n'hésitez pas à l'évoquer en commentaire, cet ovni bloguesque m'interpelle tant que je regrette souvent de n'avoir personne avec qui en parler !