Le son, et la danse. Des souvenirs d'enfance, un peu de jeunesse qui s'enfuit, Michael Jackson était à mon insu une icône immuable d'un âge perdu dont je ne regrette pas grand chose. Dans ma mémoire, il ne changeait pas, il ne bougeait pas, quels que soient les scandales ou les traits de son visage ravagé.

Une de ces choses que l'on tient pour acquises, au sujet desquelles on ne se pose plus de questions. Elles sont.

Et puis...

Elles ne sont plus.

Comment gère-t-on ça ? Que se passera-t-il quand d'autres piliers ne seront plus là ? Des piliers plus intimes, plus essentiels ? Quand la mort que je touche quotidiennement vient frapper par une autre porte, je me sens plus fragile. Pourtant...

Pourtant je ne suis pas un fan de Michael Jackson. A vrai dire, je ne crois pas posséder un seul de ses CD. Je ne les ai jamais écoutés en boucle. Ils sont d'autant plus, pour moi, indissociables de souvenirs clefs d'un autre temps. D'une fascination pour ses pas. Pour ses mains gantées de blanc. Mes madeleines sont musicales.

Peter Pan n'existe pas. Mais je me souviens bien de lui.

So long Michael.

So bad.